Eva Ment est le personnage central de ce roman qui nous amène en 1623 à Amsterdam. Eva, fille d’un marchand de tissus, y rencontre Jan Coen, gouverneur de Batavia et membre important de la Compagnie des Indes. Eva, attirée par Jan et par l’idée d’une vie à Batavia, accepte de l’épouser. Quelques mois plus tard, ils embarquent pour Batavia. Eva découvre un nouveau monde mais aussi les activités de son mari et la façon dont il a établi sa puissance. Elle est confrontée à la réalité du commerce des épices, des tensions avec les Anglais et les locaux, des massacres, de l’esclavage et de la vie à Batavia.
Eva Ment et Jan Coen sont des personnages réels, ainsi que de nombreux personnages du livre. Le roman nous fait imaginer ce que pouvait être la vie à cette époque. Il commence par nous faire entrer dans la société d’Amsterdam en 1623, avec son commerce florissant, ses codes et les personnages extraordinaires qui y vivaient. Puis, nous embarquons pour Batavia. Le récit du voyage en bateau est superbe et nous rappelle combien ces voyages étaient difficiles et le courage de ceux qui s’y aventuraient. Puis, nous découvrons Batavia, son côté exotique, sa société particulière et les conditions violentes dans lesquelles se maintient le pouvoir qui y est établi.
Jan Coen, longtemps considéré comme un héros aux Pays-Bas, s’est révélé être un violent personnage et le massacre de Banda, qu’évoque le roman, est largement considéré comme un genocide. Une page très intéressante d’histoire, que Simone van der Vlugt nous fait découvrir dans ce roman que j’ai lu avec grand plaisir et intérêt. Un éclairage très intéressant aussi sur la condition féminine de l’époque, avec le courage et l’originalité des femmes qui, comme Eva Ment, ont pris le risque de vivre loin et autrement.
Un clin d’œil au traducteur Guillaume Deneufbourg dont les textes toujours superbes nous donnent le plaisir de lire en français les œuvres de Simone van der Vlugt.

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