“Le Beurre de Manako” – Une lenteur trop beurrée ?
J’ai refermé Le Beurre de Manako avec un drôle de goût. Ni vraiment sucré, ni franchement salé. Un goût de fadeur, peut-être. Celui des journées qui se ressemblent, de gestes répétés à l’infini. Et c’est peut-être là le projet du roman : nous faire ressentir de l’intérieur cette existence floue, presque suspendue, celle de Manako, jeune femme solitaire, invisible, engluée dans une vie sans relief.
Mais si j’ai compris l’intention, je dois avouer que j’ai peiné à m’y abandonner. La lenteur du récit, sa tonalité quasi monocorde, cette impression que “rien” ne se passe… Tout cela a fini par me lasser. J’ai eu beau chercher une accroche, une vibration, un souffle – je suis restée sur le seuil. L’écriture est fine, oui. Subtile. Mais elle semble trop contenue, comme si tout était volontairement tenu à distance.
Le beurre, pourtant, m’intriguait. J’aimais l’idée de ce motif sensoriel, intime, presque charnel. Ce geste de tartiner, de goûter, de se reconnecter au monde par les choses simples. Mais même cela, au fil des pages, m’a semblé trop répétitif, trop “posé”, comme si tout restait à l’état d’ébauche. À force de minimalisme, l’émotion s’est perdue en route.
Il y a des livres qui murmurent, et c’est beau. Mais ici, pour moi, le murmure est devenu silence. J’aurais aimé être touchée, surprise, déroutée. Au lieu de cela, j’ai ressenti une monotonie pesante, presque étouffante.
Peut-être n’étais-je pas dans le bon état d’esprit. Peut-être ce roman parle-t-il à une part de nous qui cherche l’apaisement, ou l’acceptation d’un vide. Moi, j’y ai surtout trouvé une forme d’ennui doux, mais trop long. Et l’envie de passer à autre chose.

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