Shell Shock (Michëla Watteaux)

Dans ce polar historique, Michaëla Watteaux mêle deux époques qui reviennent au fil des chapitres: la Grande Guerre et les années folles.

Le roman commence à l’époque de la guerre, dans un hôpital du Jura où l’on utilise la technique de la faradisation sur les soldats souffrant des conséquences des obus, notamment ceux qui sont pliés en deux, recroquevillés de douleur physique et psychologique. C’est autour de ces gueules cassées, de leurs traumatismes, de leurs difficultés à rejoindre la vie normale et des fameux masques qu’ils portaient que se construit le roman.

Puis on passe en 1925, au central téléphonique Gutenberg, dont plusieurs des employées, les demoiselles du téléphone, sont sauvagement assassinées. En toile de fond, un contexte socialement agité, un gardien louche et une journaliste un peu trop curieuse. Alors que les meurtres continuent, l’inspecteur Varenne et la psychanalyste Mathilde s’affairent à trouver le tueur, passant sans cesse entre les deux époques, car c’est là qu’ils pensent trouver la clé de ces affaires.

L’auteure nous offre son talent de scénariste pour placer ce roman dans une superbe fresque sur le Paris de 1925. L’enquête nous mène dans différents quartiers de Paris, nous y fait sentir l’atmosphère de l’époque de manière si vivante que l’on a l’impression d’y être. On y rencontre de nombreux personnages de l’époque, philosophes, hommes politiques, médecins. On retrouve l’atmosphère des années folles, de la mode au parfum, des mœurs libres à la consommation de drogue, des bureaux du 36 quai des Orfèvres aux cafés célèbres de Paris. Les personnages sont intéressants. J’ai bien aimé Varenne, l’inspecteur mélancolique, rescapé de la guerre, accro à la drogue, mais également au flair incroyable. Mathilde est attachante aussi et elle nous fait découvrir un peu les débuts de la psychiatrie. Les hommes politiques et les syndicalistes ne sont pas sympathiques, mettant en lumière la condition des employées féminines à cette époque.

J’ai vraiment bien aimé ce polar historique où l’on sent vraiment l’écriture cinéaste et qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Peut-être verrons-nous ce récit à l’écran un jour ?

En attendant, vous pouvez écouter Michaëla Watteaux sur ce podcast de RFI nous parler de son roman et du contexte historique qui l’a inspirée.

Merci à Negalley France et aux éditions Black Lab de m’avoir fait découvrir ce roman.

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